" Vascoeuil …lieu unique" (Jules Michelet)

 

Hommage à Roland CAT

Né en 1943, Roland CAT obtient dès 1967 (24 ans) le prestigieux Prix de la Critique. 

Dans les années 80, il expose à Paris à la Galerie Pierre Belfond avant de rejoindre la prestigieuse Galerie Ysy Brachot et de participer en 1982 à l'exposition
« Les Fantastiques» au Château de Vascoeuil. Sa carrière internationale s'est poursuivie avec succès. Décédé en Mai 2016, il aura eu le temps de se réjouir
de cette rétrospective réunissant une soixantaine d'huiles et techniques mixtes. C'est un des peintres qui est allé le plus loin dans l'expression du végétal,
avec dans ses paysages des détails insolites qui viennent en perturber l'apparente paix qui se teinte d'une inquiétante solitude et d'un silence pesant.
Ecologique avant l'heure, ne croyant pas au bonheur du progrès et de la science, il transmet sa conviction de la précarité de notre terre et de notre existence :
cités englouties, territoires glacés, ruines abandonnées à la végétation, tout nous rappelle qu'il suffirait de si peu... On ressent une impression d'étrangeté
face à ses tableaux d'une rare densité tant dans le sujet traité que la qualité du travail. Tout est là, fidèlement reproduit avec minutie mais nous conduit
bien au-delà et cette profusion de détails ne vient que souligner la désolation du vide. Pas de présence humaine simplement suggérée par une trace,
une ombre, un oreiller.. Son œuvre révèle le monde sensible et douloureux d'un homme fragile, d'un peintre rare.


    
    


ANG  All
Visionnaire ? Roland Cat peint la vie du dessous, la vie du dedans, la vie d'avant, la vie d'après - mais jamais cet ensemble de conventions et de faux-semblants
réputés composer la "vraie vie". Au théâtre d'ombres qu'une toute-puissante distraction nous aide à prendre pour la réalité, il préfère la seule réalité de l'imaginaire :
vie au-dessous de la surface des océans, une fois Ys et nos orgueilleuses mégapoles englouties ;vie du dedans des rêves, pleine de saugrenus coq-à-l'âne ; vie d'avant l'homme, c'est-à-dire le Paradis perdu ; vie d'après l'homme, quand de débonnaires éléphants contempleront nos cités détruites, nos usines rouillées, nos "ouvrages d'art" tordus, abstraits, inutiles. Plus aucune mémoire ne conservera même le souvenir de l'homme.

Roland Cat a découvert comment faire éclater le caractère insolite d'un lieu familier. Un ours polaire arpentant les chaumes d'un champ savoyard,
un plésiosaure au fond du jardin :la méthode est assez simple. Elle devient plus subtile quand le peintre nous prouve qu'un animal banal
une oie, par exemple, ou une vache peut être tout aussi dérangeant . Enfin il triomphe quand le plus vide, le plus classique
(ou presque) de ses paysages nous trouble à l'égal de compositions agressivement provocantes. Pourquoi ? Parce que nous savons désormais que tous ces lieux, décors, paysages sont habités, même quand cette présence mystérieuse ne nous saute pas aux yeux.

Un peintre visionnaire, c'est un peintre capable de faire un visionnaire de quiconque contemple son tableau.
François Nourissier









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